Un exemple de dialogue entre internautes

24 janvier 2009

 

Il n’est pas possible de publier systématiquement les nombreux mails que nous recevons. Nous vous rappelons que vous pouvez consulter la plupart dans la rubrique « Témoignages », les autres étant des réactions à tel ou tel article de ce site. Voici un exemple d’échange récent entre deux internautes sur le projet de bilan de carrière à 45 ans. Thomas formule une proposition. Benjamin lui répond.

Jacques Kossowski

  • Le mail de Thomas

Bonjour,

Le rapport « Y a-t-il un avenir professionnel après 45 ans? » dit bien et à « haute voix » les préjugés et idées reçues tenaces en matière de « senior ». Un regret toutefois : le bilan de carrière (très bonne idée) me semble concerner les personnes encore sous contrat de travail. Pour un senior demandeur d’emploi, les solutions préconisées ne sont guère possibles. Je ne suis pas défaitiste ni pessimiste. Je connais la réalité des services publics de l’emploi. J’ai 52 ans, je suis qualifiée et demandeur depuis un an ; c’est à dire que j’arrive au moment où je vais basculer dans le chômage à long terme. La formation pour un senior demandeur emploi n’est guère envisageable non plus. Ah la belle idée que l’apprentissage tout au long de la vie ?

Une idée à creuser : pourquoi ne pas faire baisser le taux de TVA (19,60) si une personne s’inscrit à titre individuel à une formation (par ailleurs souvent trop chère elle-aussi). Elle paye le même prix qu’une entreprise qui elle récupère la TVA. Ramener le taux à 5,5% ou à 0%,la personne investit sur son avenir, l’Etat également.
Le droit à la formation pourrait se concevoir à plus faible coût pour qui se prend en charge. Ce n’est pas une mesure difficile à mettre en place. J’ai souvent autofinancé mes formations au prix le plus élevé, malheureusement. Là également pas assez de différenciation entre une entreprise et un individu. Au Luxembourg, le taux de TVA est plus faible ou zéro. J’y ai travaillé et suivi de nombreuses formations avec mon employeur ou sans lui, car elles étaient beaucoup moins chères et de grande qualité également.

Merci pour ce site et les nombreuses infos.

  • La réponse de Benjamin

Bonjour,

Vous dîtes, Thomas, que faire un « bilan de carrière » est une possibilité qui ne s’offre qu’aux salariés, cependant il me semble qu’un tel bilan est plutôt à réaliser dans une optique préventive que curative. C’est pourquoi l’âge de 45 ans est un âge charnière pour pouvoir se réorienter et faire un point sur sa carrière professionnelle. Il ne conviendrait pas forcément ,ou moins, à une personne sans activité et dont la deuxième partie de carrière est déjà bien avancée. Je pense qu’il faut distinguer la finalité des différents bilans qu’il existe aujourd’hui.

Par ailleurs, le « bilan de carrière » me fait penser au « Bilan de Compétences Approfondi » qui existe déjà et qui peut être pris en charge, dans une certaine mesure, par l’entreprise, et/ou financé par des organismes comme l’ANPE/pôle emploi. Ces deux bilans sont selon moi très proches l’un de l’autre, le but étant d’avoir une réflexion, dirigée par des professionnels suivant une méthodologie bien précise, sur la situation professionnelle du salarié et de porter un regard sur son parcours, de faire un point sur ses attentes et re-cadrer le tout dans un contexte qui a beaucoup évolué depuis quelques années.

Malheureusement, il est certain qu’il est plus simple de se réorienter et d’avoir un regard objectif sur son parcours lorsque l’on est en emploi. Néanmoins, je pense que votre idée d’abaisser le taux de TVA pourrait marcher, et ainsi les formations et autres programmes d’aide à l’emploi pour les seniors deviendraient plus accessibles. Mais nous savons bien que les prix ne baisseraient pas pour autant. La solution viendrait peut-être d’une « formation » (malgré le fait qu’il n’est jamais facile pour un senior d’accepter le statut de stagiaire ou élève) gérée par l’État lui-même et accessible au plus grand nombre.

Travaillant sur les risques liés au vieillissements et plus particulièrement sur la question de l’emploi des seniors, ce site m’apporte des informations très intéressantes et m’aide beaucoup dans mes recherches.

Benjamin


Bilan de carrière : l’exemple de la Finlande

16 décembre 2008

 

J’ai proposé dans mon rapport « Y a-t-il un avenir professionnel après 45 ans » la mise en place d’une mesure très concrète pour favoriser l’emploi des seniors : l’obligation pour les entreprises de proposer à leurs salariés un bilan de carrière avant la fin de la 45ème année. Il s’agit d’un objectif qui me paraît à la fois nécessaire, réaliste et relativement simple à mettre en œuvre (pour plus de précisions, je vous invite à consulter mon rapport disponible sur ce blog).

Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, les pays scandinaves nous ont devancé en mettant en place une mesure proche de celle que je propose. Ainsi que le souligne Patrick Gasquet – que je remercie pour ses contributions à quinquasplus.com – en Finlande, les salariés bénéficient d’un bilan de carrière tous les trois ans à partir de 45 ans.

Je pense pour ma part que, compte tenu de la spécificité du marché de l’emploi français, commencer les bilans de carrière à 45 ans est un peu tard. Mais en tout cas en Finlande, les résultats sont là. Entre 1997 et 2005, le taux d’emploi des seniors en Finlande a progressé de 35,6% à 55%.


Y a-t-il un avenir professionnel après 45 ans ?

23 octobre 2008

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Chacun le constate : l’avenir des seniors dans les entreprises se joue de plus en plus jeune. L’instauration d’un bilan de carrière obligatoire à partir de 45 ans vise un objectif simple : en finir avec la situation désespérée dans laquelle se trouvent tant de quinquagénaires qui n’ont jamais été préparés à un changement d’emploi.

Ce bilan sera un droit attaché au salarié et non pas une possibilité laissée à la discrétion à l’entreprise. Il pourra déboucher sur une formation professionnelle adaptée aux besoins du marché du travail. Les 23 milliards d’euros de la formation continue qui sont aujourd’hui en partie dilapidés trouveront enfin une meilleure utilité. C’est pourquoi je souhaite que le bilan de carrière soit assorti d’une formation et devienne une priorité du dispositif gouvernemental en faveur des seniors.

C’est le sens du combat que je mène actuellement.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter mon rapport en cliquant sur le lien suivant : Y a-t-il un avenir professionnel après 45 ans ?