Le pourfendeur de l’âgisme

17 février 2015

Le député-maire de Courbevoie combat la discrimination par l’âge.

Par Olivier Clodong, Le nouvel Economiste

Exemples à l’appui, un récent article consacré aux stations de radio françaises met en avant le culte de ces dernières pour les journalistes et animateurs d’âge mur.

En bonne place sur l’antenne d’Europe 1 figurent ainsi Catherine Nay et Robert Namias (70 ans), Gérard Carreyrou et Charles Villeneuve (72 ans), Philippe Gildas (79 ans), sans oublier l’inusable Pierre Bellemare qui, du haut de ses 84 ans, continue de donner une réplique drôle et vive à Cyril Hanouna. La station d’en face, RTL, n’est pas en reste, elle qui abritait encore il y a peu l’icône Philippe Bouvard, animateur des légendaires « Grosses Têtes » jusqu’à l’âge de 83 ans. Et que dire de France Inter, qui a eu le bon goût de confier jusqu’en 2014 sa revue de presse du week-end à l’expérimenté Ivan Levaï (77 ans) et son émission de découverte du monde au remarquable Daniel Mermet (71 ans). On pourrait en citer beaucoup d’autres, alors que vient de s’éteindre pour toujours une grande voix de Radio France, José Artur.

Une chose est sûre, les grilles de programmes de nos radios ont de quoi faire le bonheur de Jacques Kossowski, le député-maire de Courbevoie. L’élu des Hauts-de-Seine mène en effet depuis des années un combat acharné contre la discrimination par l’âge qui sévit dans le monde de l’entreprise et ailleurs. Alors que mois après mois, l’aggravation du chômage touche en priorité les séniors, le parlementaire a décidé de muscler son discours : « l’âgisme est un racisme » résume-t-il dans une formule choc.

Et d’expliquer simplement sa position : « autant tout le monde conçoit qu’il est ridicule et insupportable de dire qu’une femme serait moins fiable parce que trop sensible ou trop fragile, qu’un salarié du Midi serait moins travailleurs qu’un salarié du Nord, autant personne ne s’offusque qu’on trouve d’emblée un sénior moins efficace parce que trop vieux ». Clair, limpide, que du bon sens ! Jacques Kossowski ajoute que chefs d’entreprise, analystes et leaders politiques seraient bien inspirés de ne pas propager de clichés liés à l’âge et de traiter les séniors comme les toutes autres catégories de la population. Car l’élu en est absolument convaincu : « ce qui nuit à l’embauche des séniors, ce sont les clichés ».

La quête du député-maire de Courbevoie m’en rappelle une autre, tout aussi juste ; celle de l’ancien dirigeant de Volkswagen Daniel Goeudevert, qui regrettait il y a quelques années de cela que la construction européenne n’ait jamais été l’affaire des Européens eux-mêmes. L’ex grand patron déplorait alors que presque sans nous en rendre compte, nous émettons chaque jour des jugements sur tel ou tel voisin qui serait « paresseux », « profiteur », « arrogant »… Et lançait une bouteille à la mer : « je n’ignore pas qu’il est illusoire d’espérer de nos contemporains qu’ils modifient du jour au lendemain ce genre d’attitude… et d’habitude. Mais il me semble important que chacun de nous prenne conscience qu’il peut faire un pas vers l’autre et laisser quelques-uns de ses préjugés au vestiaire ».

Que l’on laisse les préjugés au vestiaire, c’est bien ce que réclame Jacques Kossowski pour les séniors.

Source : le-nouvel-economisteOlivier Clodong


Tribune du Journal du Net : « Pourquoi les plus de 50 ans sont d’excellents candidats »

18 mars 2010
 
Parmi toutes les discriminations qui persistent dans le monde du recrutement, il en est une particulièrement pernicieuse : celle liée à l’âge. Tout aussi inacceptable que les inégalités de traitement dues à l’appartenance à une minorité, à un secteur géographique ou au sexe, l’âge demeure un facteur d’exclusion dans de nombreux projets de recrutement.
Laissons de côté le recrutement parfois problématique de « juniors » pour nous intéresser au recrutement des « seniors ». Par ce terme très politiquement correct, nous entendrons ici les « plus de 50 ans ». La « sénioritude », comme nous pourrions la baptiser aujourd’hui, arrive de manière très précoce dans le monde du travail, particulièrement en France.

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Un livre qui redonne de l’espoir !

29 septembre 2009

  

imagette-1614902-2169514[1]Oliver Hesse vient de publier aux éditions Elzévir : Seniors… Au secours ! Courage ! Fuyons ! Cet ouvrage aussi utile qu’édifiant raconte les difficultés rencontrées de 40 à 60 ans dans le monde du travail. A travers de nombreuses anecdotes, Olivier Hesse qui est ancien directeur général livre son expérience mais aussi de nombreux conseils pratiques et juridiques pour rebondir professionnellement.

Si vous souhaitez joindre l’auteur : o.hesse@orange.fr ou les sites www.chomageemploisenior.over-blog.com  et www.seniorsausecourscouragefuyons.unblog.fr


Ravages du jeunisme : un témoignage

26 mars 2009

 

Je suis âgé de 55 ans cette année et je viens d’être licencié. Je travaille depuis l’âge de seize ans et je dois dire que j’en ai plus que soupé du monde du travail surtout des pratiques des entreprises qui ont tout les droits vis à vis de leurs employés. Je veux bien RE travailler mais sûrement pas à 8.71 € de l’heure. Je veux pouvoir postuler aux postes qui me conviennent et dans mes domaines de compétences. Si la société ne veux pas des gens de 45 ans et plus, il faut que la société assume cet état de fait sur le plan financier.


Témoignage contre la frilosité française

15 novembre 2008

 

Voici un témoignage sur la frilosité des entreprises françaises vis-à-vis des seniors. Un témoignage dont nous partageons évidemment le diagnostic.

« J’ai connaissance de vos travaux et tiens tout d’abord à vous remercier pour l’ensemble de vos actions concernant l’emploi des seniors.

Pour ma part, je suis âgé de 53 ans, ingénieur des Mines de formation et mon dernier poste occupé était celui de directeur d’un site de 200 personnes dont l’objet  portait sur de la prestation en maintenance industrielle pour d’importants donneurs d’ordres. Le « nez dans le guidon » tout au long de ma carrière, je suis licencié au mois de juin de cette année et je fais alors l’amer constat de la difficulté du marché de l’emploi lorsque l’on est senior dans notre pays.

 

A commencer par les cabinets de recrutement, lesquels filtrent systématiquement l’ensemble de vos candidatures et vous font souvent remarquer que votre profil est surdimensionné par rapport au poste pour lequel vous postulez, ou alors que les directives concernant l’âge du parfait candidat sont fixées par leurs clients…..

 

Nos contrariétés françaises entre les objectifs et la réalité me font  réagir. Jusqu’alors les entreprises ont pratiqué beaucoup par habitude, la mise à la retraite anticipée de leurs salariés, parfois même à partir de 50 ans !! A l’heure actuelle, une volonté existe d’accorder à ceux le souhaitant  la possibilité de travailler au delà des limites actuelles, point qui me parait tout à fait incohérent par rapport aux pratiques que nous connaissons du marché.

 

 

(…) Mon expérience professionnelle internationale m’a permis dans le passé de travailler pour des sociétés scandinaves et allemandes dans lesquelles dans lesquelles la compétence des seniors est considérée comme un « must » (…)

 

Il y a lieu de continuer à relayer de plus en plus cette problématique dans notre appareil politico- médiatique afin de faire évoluer les mœurs de notre société. (…) Je suis complètement déterminé à me battre sur ce sujet de société prioritaire à mes yeux, comme, j’en suis sur, à ceux  aussi de beaucoup de nos concitoyens.

 

Merci pour votre aide.

 


Colloque sur « l’agisme »

6 novembre 2008

 

Mercredi 19 novembre 2008 de 18h30 à 20 heures, la Fondation pour l’innovation politique organise une table ronde intitulée « La lutte contre les discriminations liées à l’âge en matière d’emploi : enjeux et perspectives en France ». 

Avec la participation de :

  • Alexandra Poli, chargée de recherche au CNRS et coresponsable avec Vincent Caradec du volet « Âge » d’une étude sur les usages sociaux de la discrimination et de la diversité dans les entreprises menée par le Groupe de recherche sur les actions et les croyances collectives de l’université Charles-de-Gaulle–Lille-III ;
  • Stéphanie Seydoux, directrice de la promotion de l’égalité au sein de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE).

Lieu : Fondation pour l¹innovation politique – 137, rue de l’Université – Paris 7. Accès gratuit.

Pour s’inscrire http://www.fondapol.org/ ou  01 47 53 67 00

 


Une étude confirme les ravages du jeunisme à l’embauche dès 48 ans

4 novembre 2008

 

Des salariés qui deviennent seniors de plus en plus jeune : c’est en me basant sur cette observation que je viens de préconiser dans Y a-t-il un avenir professionnel après 45 ans ? la mise en place rapide d’un bilan de carrière obligatoire pour tous les salariés dès 45 ans. Une étude menée par Adia et l’universitaire Jean-François Amadieu (Paris I) me donne malheureusement raison. 

Selon cette étude, les candidats risquent d’être mis sur la touche dès 45 ans. Entre 48 à 55 ans, un candidat a trois fois moins de chances d’être convoqué à un entretien d’embauche que le candidat dit « de référence, français de souche » et âgé de 28 à 30 ans. Enfin, contrairement à une idée reçue, plus l’emploi est qualifié, plus les seniors sont discriminés, notamment dans les grandes entreprises.

Pour plus d’informations : http://cergors.univ-paris1.fr/observatoiredesdiscriminationsfd.htm