Emploi des seniors : un rebond est-il possible ?

Cette importante question fut au cœur d’un Rendez-vous du projet organisé le 17 février dernier par Jacques KOSSOWSKI en tant que Secrétaire national aux Ainés en charge de l’emploi des seniors pour le mouvement Les Républicains.

Ont aussi participé à cette réunion, devant un public nombreux, Isabelle LE CALLENNEC, Députée d’Ille-et-Vilaine, Vice-présidente LR,  et le consultant Rodolphe DELACROIX, Directeur du département gestion du changement du cabinet international de conseil en ressources humaines WILLIS TOWERS WATSON.

La tenue de ce débat marque clairement l’intérêt que portent Les Républicains  à un sujet trop souvent délaissé par les différents mouvements politiques. Ignorer ce sujet constituerait une grave erreur car toute réforme des retraites ne sera acceptable – et donc accepté par nos compatriotes – que si en contrepartie les seniors ont la possibilité d’accéder au marché du travail.

Jacques KOSSOWSKI inaugure ce Rendez-vous du Projet  en soulignant que ce sont ses rencontres,  lors de permanences parlementaires, qui  ont fait naitre chez lui ce devoir d’agir. Rencontres avec des personnes de plus de 50 ans confrontées « à une terrible détresse humaine et sociale, celle de ne plus avoir d’emploi ».

Comment au nom du jeunisme peut-on ainsi écarter autant d’expérience, autant d’expertise, autant de disponibilité et d’implication dans une entreprise s’interroge-t-il.  « Les seniors sont victimes de stéréotypes que plus personne n’oserait ouvertement employer pour les femmes, les personnes handicapées et les minorités ». C’est cet âgisme et ses préjugés qu’il faut casser si nous voulons en finir avec la spirale du chômage des seniors.

JK 2016 1Jacques KOSSOWSKI estime pour sa part qu’il faut arrêter d’opposer les jeunes aux seniors.« Les uns et les autres ne visent pas les mêmes emplois. Et les pays qui ont de bons résultats sur la lutte contre le chômage  des seniors en ont aussi sur les jeunes, preuve s’il en est que les uns ne prennent pas le travail des autres. Il faut tordre le cou à cette idée simpliste ».

Il prône donc une réha-bilitation du travail des seniors dans une société dont on sait que l’espérance de vie s’améliore d’année en année.

« Ce travail sur l’emploi des seniors occupe une place importante de mon activité », confie le Député-maire de COURBEVOIE qui, en 2008, a été le premier homme politique à consacrer un blog à cette question. Début 2012, soutenu par Xavier BERTRAND, alors Ministre des Affaires sociales et du travail, Il a aussi été l’initiateur de la première Journée nationale dédiée à l’emploi des seniors. Malheureusement, le nouveau Ministre socialiste Michel SAPIN n’a pas à l’époque souhaité soutenir une nouvelle édition de cet événement dont l’objectif était pourtant d’attirer l’attention des media, des administrations, des entreprises et de l’opinion sur la nécessité de changer les mentalités.

«Et depuis la situation de seniors s’aggrave. 900 000 personnes de plus de 50 ans sont sans emploi. La durée d’inscription des chômeurs de plus de 50 ans est de 442 jours contre 257 pour l’ensemble des demandeurs d’emplois. La France a le taux d’activité des seniors de 55 à 64 ans le plus bas d’Europe avec 45,6% contre une moyenne européenne de 50,3%. Il faut faire quelque chose et nous sommes ici pour proposer des solutions, afin de permettre un rebond dans l’emploi des seniors», martèle Jacques KOSSOWSKI.

Emploi des seniors

Ici, c’était mercredi soir au siège des Républicains pour une des réunions régulières des Rendez-vous du Projet organisées et animées par Isabelle LE CALLENNEC et Eric WOERTH, Secrétaire général dont l’ambition est, en aval de nombreuses conventions, d’échanger avec les militants et tous les Français qui le souhaitent sur des thèmes particuliers dans le cadre de l’élaboration de notre projet politique pour l’alternance de 2017.

« La prochaine élection présidentielle sera l’occasion pour notre mouvement et son candidat de présenter des mesures novatrices visant à favoriser l’embauche et le maintien des seniors dans l’emploi, réflexion qui me semble malheureusement trop souvent absente du débat public », estime le Député-Maire de COURBEVOIE.  Avec cette volonté affichée de sortir de cette réunion avec des propositions concrètes à présenter à notre famille politique.

Rappelant que la France compte 19 millions de seniors (de plus de 45 ans), Rodolphe DELACROIX en appelle à « une Révolution grise » et au maintien possible des seniors dans l’entreprise. « En France, plus qu’ailleurs, la valeur de l’âge a diminué à mesure que la force de l’âge s’améliorait», constate-t-il, pointant du doigt un « phénomène culturel purement français » : l’addiction à la préretraite depuis les années 70.

« Est-ce que le départ des seniors en préretraite a amélioré l’embauche des jeunes ? La réponse est non et malgré cela on continue à le faire car il y a une frilosité à aller vers autre direction ». Si depuis le 10 octobre 2011, les entreprises ne peuvent plus recourir à la préretraite licenciement, Rodolphe DELACROIX remarque combien les entreprises ont détourné une nouvelle procédure avec les ruptures conventionnelles. « Il y a eu une explosion des ruptures conventionnelles parce que les entreprises ont tendance à les utiliser comme une forme de préretraite. Les seniors sont les victimes désignées d’office lorsque les entreprises ont besoin de faire restructurations », dénonce-t-il.

« Cette culture de l’anticipation est présente. Ce système ne peut durer car il est nocif pour les seniors en situation de recherche d’emploi qui s’épuisent car il n’y a pas d’offres. Et il y a un vrai paradoxe entre l’espérance de vie qui augmente et l’espérance de vie professionnelle qui  n’augmente pas », constate Rodolphe DELACROIX.

Alors qu’en France avec un taux d’emploi des seniors qui « atteint péniblement 45% en France alors qu’il est largement supérieur en Europe », il rappelle  qu’« on a tout faux aux deux bouts de la chaîne, que cela soit l’intégration des jeunes et le maintien des seniors dans l’emploi ».

« Nous sommes face à un véritable fléau », souligne Jacques KOSSOWSKI incitant les intervenants et le public à proposer des pistes de réflexion, des solutions.

Pour Rodolphe DELACROIX, la société a « tout intérêt d’avoir toutes les classes d’âge réunies dans une entreprise, à retrouver la mixité d’âge. Le talent n’a pas d’âge, la responsabilité de l’employeur est de maintenir les compétences dont l’entreprise a besoin. Toute entreprise a besoin de profils différents. On n’accepte pas les différences propres aux seniors. Or, ils ont vécu tellement de situation qu’ils ont plus de recul, qu’ils sont plus altruistes».

Il suggère l’adoption d’un système de bonus-malus pour les entreprises qui utiliseraient abusivement des ruptures conventionnelles ; une baisse des cotisations sociales pour celles qui emploieraient des seniors ; la sensibilisation et la formation des managers au management des seniors, mais également de revenir sur l’automatisme qui lie rémunération à ancienneté.

JK 2016 2La Députée et Vice-présidente LR Isabelle LE CALLENNEC milite quant à elle pour un « devoir de révolution. Une révolution culturelle car nous avons en France des députés de gauche qui pensent encore qu’il faut partager le travail. Ce qui veut dire pour eux qu’il faut mettre les seniors hors du travail pour les remplacer par des jeunes. C’est humainement insupportable. On doit s’y attaquer. On ne peut pas laisser les seniors sur le bord du chemin dans une société où l’on sait que l’on va travailler de plus en plus longtemps. Nous pensons aux Républicains que c’est l’activité qui crée l’emploi, que l’Etat ne peut administrer les entreprises, qu’il faut s’adapter tout au long de sa vie qu’il faut travailler plus longtemps en améliorant la santé, la qualité de vie au travail’, insiste-t-elle.

Dans la salle, les prises de parole se sont multipliées. Un psychologue invite notre famille politique et, plus largement, notre société à « bannir le mot senior, trop connoté. On ne travaille pas avec des seniors mais avec des experts qui ont de l’expérience. A partir du moment où l’on va bannir le mot senior, où l’on va prendre des mesures coercitives pour favoriser l’emploi des seniors, plus on va limiter les dégâts et faire rentrer la société française dans une autre approche », poursuit-il.

Les participants ont tous déploré, pour certains « avec effroi », le « clonage des talents dans les entreprises françaises qui nous fait crever » et en premier lieu les seniors qui « font, tous, les frais d’un jeunisme de bon aloi ».

Ils ont également dénoncé les méthodes employées par les cabinets de recrutement « qui organisent à grande échelle la discrimination pourtant interdite par la loi ». D’où cette proposition de « contrôler les pratiques des cabinets de recrutement pour une plus grande transparence dans leurs méthodes de sélection des candidats ». 

Parmi les autres propositions formulées :

  • la baisse spécifique des charges sociales des seniors afin de les maintenir dans l’entreprise ;
  • permettre à la fonction publique et à la fonction publique territoriale d’embaucher des seniors, ce qui semble impossible aujourd’hui ;
  • Mieux réattribuer les crédits affectés à la formation professionnelle ;
  • Assurer une meilleure mobilité interne des salariés au sein des Ressources humaines des entreprises
  • rehausser le plafond du chiffre d’affaires dans le cadre du statut de l’autoentrepreneur ;
  • développer les politiques entrepreneuriales de type Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) notamment à l’intention des seniors ;
  • l’organisation de « job dating ».

A l’issue de ce cette réunion, Isabelle LE CALLENNEC et Jacques KOSSOWSKI ont annoncé qu’ils poursuivraient leurs rencontres avec des chefs d’entreprises ainsi que très prochainement avec l’ensemble des présidents de région Les Républicains qui peuvent également agir dans ce domaine, notamment via l’une de ses compétences essentielles des régions, la formation professionnelle et l’apprentissage.

Enfin, tous sont tombés d’accord pour faire de l’emploi des seniors un thème marquant de la future campagne présidentielle.

Un commentaire pour Emploi des seniors : un rebond est-il possible ?

  1. Régine LOMBARD dit :

    Par 2 fois, une information erronée apparaît dans votre compte-rendu de la journée du 17/2/2016 : l’espérance de vie, pour les femmes comme pour les hommes en France, a BAISSE DE 3,5 MOIS EN 2015 : http://www.observationsociete.fr/lesp%C3%A9rance-de-vie-baisse-en-2015. Par ailleurs, on observe une stagnation de l’espérance de vie EN BONNE SANTE (autour de 63 ans).

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