Emploi des seniors : trois raisons de refuser le contrat de génération

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les principaux candidats ont intégré le thème de l’emploi des seniors à leur programme. Si je ne peux que m’en féliciter, je me dois aussi de mettre en garde contre la proposition de « contrat de génération » du candidat socialiste, qui est une fausse solution à un vrai problème. Pour trois raisons fondamentales, l’analyse et les propositions de Nicolas Sarkozy me semblent plus en adéquation avec la réalité économique de notre pays.

1- Deux philosophies opposées : dogmatisme Vs pragmatisme

La mesure malthusienne de François Hollande – le « contrat de génération » – est le fruit du dogmatisme idéologique de la gauche française, selon lequel le travail est une ressource qui se partage et les postes de chacun sont interchangeables au sein de l’entreprise, sans considération de qualification. Cela conduit le PS à considérer les jeunes et les seniors – en souffrance dans notre pays en matière d’accès à l’emploi – comme des catégories concurrentes alors qu’en réalité elles sont complémentaires. Dans une économie essentiellement tertiaire comme la nôtre, l’écart entre les niveaux de qualification des seniors et des jeunes est tel qu’ils ne peuvent pas occuper les mêmes fonctions. Nous avons changé d’époque mais la gauche refuse de le comprendre. Plutôt que de partager l’emploi, il faut donner la priorité à sa création.

C’est ce qu’a compris Nicolas Sarkozy en dissociant la question du chômage des jeunes de celle du chômage des seniors. Vouloir résoudre ces deux problèmes structurels par une mesure unique – une sorte de coup de « baguette magique » – relève de l’illusion. Le président de la République considère, à raison, que les entreprises en difficulté qui ont tendance à ne plus recruter et à pousser leurs seniors vers la sortie pour diminuer leurs charges ne vont pas inverser leur politique de ressources humaines sous prétexte que des exonérations de charges sont offertes à la clé, a fortiori quand la plupart des entreprises n’envisagent pas une seule seconde d’attribuer à un jeune inexpérimenté le siège laissé vacant par un salarié plus âgé.

2- Précarité des seniors : mesure partielle Vs politique transversale

Le candidat socialiste, en se cantonnant à sa proposition de « contrat de génération », choisit de ne combattre le chômage des seniors que sur un seul front – celui du maintien dans l’emploi – sans se préoccuper des seniors d’ores-et-déjà au chômage et qui voudraient retrouver le chemin du travail. Or chacun sait que cette difficulté est structurelle et qu’à ce titre, elle ne peut se régler que par une volonté politique totale.

Contrairement à son rival socialiste, le président de la République a engagé une politique forte en faveur à la fois du maintien en activité des plus de cinquante ans et du retour vers l’emploi de ceux qui en ont été exclus. Pour le maintien en activité des seniors, le Gouvernement a fortement incité les entreprises à se doter d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Par ailleurs, le retour des quinquas dans le monde du travail a été favorisé par l’instauration, en 2011, de l’aide forfaitaire à l’employeur (AFE) et de l’aide différentielle de reclassement.

Le candidat Sarkozy s’inscrit dans la continuité de cette action : alors que les seniors au chômage connaissent un taux de formation dramatiquement bas (de l’ordre de 4%) qui rend plus difficile encore leur retour sur le marché du travail, il propose un droit à la formation pour l’ensemble des personnes en recherche d’emploi. De même, alors que le coût trop important du travail est l’argument mis en avant par bon nombre d’employeurs pour expliquer le peu d’embauches de seniors, le candidat Sarkozy propose que l’Etat prenne sa part de responsabilité en exonérant  les entreprises de charges patronales sur les recrutements des plus de 55 ans  en CDI ou en CDD d’au moins 6 mois.

3- La question centrale du financement : gaspillage Vs réalisme

La mesure phare du candidat Hollande, non contente d’être vouée à l’échec, est chiffrée à 2.3 milliards d’euros par an. A ce niveau de dépenses et compte tenu de la nécessité d’assainir les finances de l’Etat, on peut parler d’un véritable gaspillage. Comme pour rassurer ses électeurs, le candidat socialiste prévient que son financement proviendra en partie d’un démantèlement d’une niche fiscale – les allègements de charges sur les bas salaires – qui, paradoxalement, profite à tous et a fait ses preuves en matière de création d’emplois, comme en atteste la Direction Générale des Finances (DGF).

A l’inverse, la proposition de Nicolas Sarkozy d’exonérer les entreprises de charges patronales est chiffrée à 400 millions d’euros par an, soit près de six fois moins que son rival socialiste. Voilà qui paraît plus raisonnable et crédible venant de celui qui est parvenu à relever de plus de 3% l’emploi chez les 55-64 ans depuis son élection en 2007.

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